Totems, c'est quoi?

« Qu'est ce que la sculpture? » ou que faut-il pour faire une sculpture? La sculpture traditionnellement, c'est de la taille (de la pierre) ou du moulage du bronze), de l'assemblage depuis le début du 20e siècle. C'est cette dernière pratique qui intéresse Séverine Hubard.
La résidence/exposition de Séverine Hubard à la Maison des Arts de Saint-Herblain sera l'occasion de discuter ensemble de cette question complexe de la sculpture – et de l'oeuvre d'art – aujourd'hui.

L'ouverture du projet, le 20 novembre, sera l'occasion d'une performance publique de l'artiste: sur une table en bois posée de grandes dimensions, Séverine Hubard tracera à la défonceuse un appel à participation.

L'espace d'exposition de la Maison des arts sera arrangé à la manière d'un stock, avec des étagères sur lesquelles seront installées des boites. Selon un système de classement et une typologie dont l'artiste a le secret, les visiteurs de la galerie, curieux, dubitatifs ou enthousiastes seront invités à y déposer des matériaux.

A partir de la variété de ces matériaux, Séverine Hubard et Alice Rétorré, artiste invitée dans le cadre de cette résidence, construiront des totems, des sculptures étranges qui seront disposés dans et hors de la Maison des Arts, ni tout à fait objets du quartier, ni tout à fait objets étrangers au quartier.


Le projet Totems, se déroulera en trois temps.

Phase 1: récupération (du 20 novembre au 20 décembre)

Mais qu'est-ce qu'on assemble pour faire une oeuvre? On pense d'abord à des matières premières, que l'artiste transforme: métal, béton, bois, cartons, matières plastiques, plâtre... Mais ces matériaux sont transformés avant d'être distribués dans le commerce, puis utilisés. C'est une fois chez les particuliers qu'ils peuvent intéresser Séverine Hubard.
Pour ce projet, elle souhaite des objets manufacturés, c'est-à-dire qui existent en série (minimum 4).
Ce n'est pas ce dont vous voulez vous débarrasser qui nous intéresse, ce sont les objets dont vous disposez, que vous pouvez obtenir en quantité (sur votre lieu de travail, relations familiales, système D... ) , que vous stockez mais dont ne vous êtes jamais servis, que vous conservez au cas où, ou encore une collection dont vous souhaitez vous séparer. Ces objets-là deviendront les matériaux pour une sculpture.
Du 20 novembre au 20 décembre, vous êtes invité(e)s à déposer, du lundi au vendredi, de 9h à 18h, ces matériaux dans l'espace de stockage mis à votre disposition dans la galerie de la Maison des Art. Chaque vendredi, de 14h à 18h, Séverine Hubard tiendra une permanence afin de répondre à vos questions, vos remarques, vos suggestions.

Phase 2: construction (du 20 décembre au 28 janvier)

Ici débute la deuxième phase du projet L'espace d'exposition entrera en phase de chantier, et Séverine Hubard invitera à cette occasion Alice Retorré, plasticienne vivant en Belgique. La galerie devient un atelier, à l'intérieur duquel Séverine Hubard et Alice Retorré mettront en oeuvre les matériaux stockés dans la galerie et les transformeront en totems, au nombre, à la forme et à la taille indéterminée. En tant qu'artistes, elles seront les liants et ajouteront du liant pour agencer vos matériaux qui eux même deviendront des motifs dans la sculpture.

Phase 3: restitution

Qu'ont fait Séverine Hubard et Alice Retorré de ce stock, c'est ce que vous serez invité(e)s à découvrir lors du vernissage du projet, fin janvier. L'installation des totems suivra un principe simple de dehors/dedans: un totem sera installé dans la Maison des arts, tandis qu'un ou plusieurs totems seront installés en extérieur, dans le quartier de la Harlière. Un événement scellera la restitution à leur lieu de naissance des totems. Confiés au quartier, charge aux habitant(e)s de se les réapproprier, pour une année, avant d'être détruits. Ainsi va de ces totems, ni tout à fait objets du quartier, ni tout à fait objets étrangers au quartier, en tout cas sculptures.

1 commentaire:

La Rêvière a dit…

Très bon projet, en espérant que les habitants du quartier jouent le jeu! je vais réfléchir pour le don d'objets. Ce projet fait réfléchir sur notre société de cosommation ou l'objet est au centre de nos préocupations et renvoie à une dimension humaine ou l'homme s'attarde dessus pour lui redonner une seconde valeur plus intéressante que sa fonction première.